Patrimoine kabyle et amazigh : Le premier ministre Karim Achab dénonce l’inscription de Vgayet et de Mila au registre de l’ALECSO et appelle à la mobilisation
EXIL (SIWEL) — Dans un communiqué daté du 31 octobre 2026, Karim Achab, Premier ministre du Gouvernement kabyle en exil (Anavad), dénonce l’inscription des villes historiques de Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) et de Mila (Milev) au Registre du patrimoine architectural et urbain des pays arabes, relevant de l’ALECSO. Qualifiant cette décision de nouvelle atteinte à la mémoire et à l’identité kabyles et amazighes, il y voit le prolongement de la politique d’arabisation menée par les autorités algériennes. Le chef du Gouvernement appelle les Kabyles, en Kabylie comme dans la diaspora, ainsi que les historiens, chercheurs et acteurs culturels, à se mobiliser pacifiquement pour défendre, documenter et transmettre leur patrimoine historique et civilisationnel.
RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DE KABYLIE
GOUVERNEMENT KABYLE EN EXIL
COMMUNIQUÉ DU PREMIER MINISTRE
Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) et Mila (Milev) inscrites au patrimoine architectural des pays arabes : une nouvelle offensive contre la mémoire et l’identité kabyles et amazighes
Le Gouvernement kabyle en exil dénonce avec la plus grande fermeté l’inscription des vieilles villes de Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) et de Mila (Milev) au Registre du patrimoine architectural et urbain des pays arabes, relevant de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO).
Cette décision, annoncée par les autorités algériennes le 26 octobre 2026, soulève de graves interrogations quant à la représentation historique et identitaire de ces territoires kabyles.
Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae), cœur historique de la Kabylie, et Mila (Milev), territoire dont l’histoire est intimement liée à la présence amazighe des Kutama, ne sauraient être réduites à une appartenance culturelle arabe au détriment de leurs racines historiques.
Une politique de réappropriation du patrimoine kabyle
L’inscription simultanée de Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) et de Mila (Milev) dans un registre patrimonial des pays arabes doit être examinée à la lumière de la politique d’arabisation menée par le régime algérien depuis l’indépendance.
La question posée par le célèbre écrivain amazigh Kateb Yacine conserve toute son actualité :
« Si l’Algérie est arabe, pourquoi l’arabiser ? Et si l’Algérie n’est pas arabe, pourquoi l’arabiser ? »
Appliquée à Vageyt (Béjaïa/Bougie/Saldae) et à Mila (Milev), cette interrogation prend une dimension particulière : si ces territoires sont kabyles, pourquoi leur patrimoine doit-il être intégré dans un dispositif institutionnel qui célèbre leur appartenance au monde arabe ?
Nous voyons dans cette démarche une extension de la politique d’arabisation linguistique et culturelle.
Un enjeu qui dépasse les frontières administratives
L’enjeu ne concerne pas uniquement Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) ou Mila (Milev). Il touche à la reconnaissance de l’ensemble du patrimoine amazigh du Nord de l’Algérie.
La civilisation des Kutama, qui a profondément marqué l’histoire de Mila (Milev) et des régions environnantes, constitue une composante majeure de l’histoire kabyle et amazighe. De même, Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae), ancienne capitale hammadide et centre intellectuel et commercial du Maghreb médiéval, témoigne de la profondeur historique de cette même aire civilisationnelle.
Le Gouvernement kabyle en exil dénonce avec force cette nouvelle forme de spoliation identitaire de notre patrimoine historique. Nous refusons que les racines kabyles de Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) et de Mila (Milev) soient diluées dans un récit identitaire arabe imposé par le régime algérien. Notre histoire n’est pas une matière que l’on peut remodeler au gré des ambitions politiques d’un pouvoir qui, depuis des décennies, s’emploie à nier notre identité, à marginaliser notre langue et à confisquer notre mémoire collective.
Face à cette nouvelle offensive, nous lançons un appel solennel à l’ensemble du peuple kabyle, en Kabylie comme dans la diaspora : ne laissons pas notre histoire être réécrite dans notre silence ! Nous appelons nos historiens, chercheurs, linguistes, intellectuels, artistes, associations et organisations culturelles à se mobiliser sans délai pour documenter, défendre et faire connaître la profondeur historique de notre civilisation kabyle et amazighe. Nous appelons chaque Kabyle à prendre conscience de la gravité de cette entreprise de négation identitaire et à faire de la transmission de notre langue, de notre culture et de notre mémoire un devoir collectif. La vigilance, la mobilisation et la solidarité de notre peuple sont aujourd’hui indispensables.
Vgayet (Béjaïa/Bougie/Saldae) et Mila (Milev) ne sont pas des territoires sans mémoire que l’on pourrait réattribuer au gré des intérêts du régime algérien. Leur histoire amazighe est une réalité que nul décret, aucune inscription institutionnelle et aucune politique d’arabisation ne saurait effacer. Défendons notre patrimoine, préservons notre mémoire et faisons entendre notre voix. L’heure est à la vigilance et à la mobilisation pacifique de tout le peuple kabyle.
Fait au nom du Gouvernement kabyle en exil.
Le Premier ministre du Gouvernement kabyle en exil
Karim Achab
Exil, le 31 octobre 2026
SIWEL 31245 OCT 26
