Un citoyen Kabyle répond à la journaliste du Soir d’Algérie
MÉDIAS (SIWEL) — Une journaliste du Soir d’Algérie, Malika Boussouf, vient de commettre une chronique pathétique où elle traite le Président de l’Anavad de raciste et de traître. Tout porte à croire qu’un plan machiavélique est mis en place pour salir le Président de l’Anavad et dont la finalité est de procéder à son assassinat.
voir ci-dessous ma lettre à cette écervelée de Malika Boussouf qui porte d’ ailleurs un nom tristement célèbre.
Vous pouvez la reproduire si vous trouvez le contenu approprié.
Je signe: Un Kabyle de la Diaspora
Tannemirt
——– Original Message ——–
Subject: Votre article dans Le Soir d’ Algérie accusant Mas Ferhat Mehenni de traitrise
Local Time: January 12, 2017 1:23 AM
UTC Time: January 12, 2017 6:23 AM
From: Un Kabyle de la Diaspora
To: malikaboussouf@yahoo.fr <malikaboussouf@yahoo.fr>
Chère Madame Boussouf,
Permettez-moi d’ abord de me présenter. Je suis citoyen kabyle, totalement engagé pour l’ édification d’ un État Kabyle Souverain. Exilé depuis plus d’ une quarantaine d’ années, je me suis consacré à la recherche scientifique, avec beaucoup de succès d’ ailleurs. Aujourd’hui je prends un peu de mon temps pour vous écrire, suite à votre article dans le Soir d’ Algérie, est-ce bien-cela, et traitant Mas Ferhat Mehenni, Aselway N’Leqvayel de traître. Je serai civil, je vous le promets. Mème loin de ma Kabylie natale, j’ en garde les valeurs que je chéris. Vous voyez, Madame, le Kabyle, c’ est bien plus qu’ une langue, c’ est une philosophie de vie et surtout un espace d’ élévation et aussi de résilience et de résistance. Ne craignez donc aucun dépassement de langage. Les grossièretés et abus de langage sont l’ apanage d’autres peuplades acculturées.
Croyez moi, mon rêve le plus cher fut tout comme Mas Mehenni pendant longtemps de contribuer à l’ édification d’ une Algérie plurielle et démocratique, une Algérie qui assume son histoire et vit son africanité, plus exactement son Amazighité en harmonie avec toutes les autres composantes culturelles, tout simplement une Algérie algérienne. . J’ avais tant espéré après le Printemps 80 qu’une correction de la trajectoire allait avoir lieu après lara-batardisation et islamisation à outrance de l’ère Boumedienne. Bien au contraire, l’aliénation n’ a cessé de croître et je vis une altération rapide du patrimoine de mes ancêtres. Même après les emprisonnements et tortures de 1980 et 1981 infligés aux militants berbéristes dont Mas Ferhat et plusieurs autres copains d’ enfance ainsi que d’ autres atteintes flagrantes aux Droits de l’ Homme, les Algériens demeurèrent insensibles. ( Wach bihoum Lqbayel. Hargu Laalam!) En 1982, ils envahirent les rues pour protester contre la RFA et l’Autriche qui privèrent ce régime de harkis venus d’ Oujda en mal de légitimité d’ aller au second tour de la coupe du monde en Espagne. Ce jour là, ma rupture avec ce peuple algérien fut consommé. Je fus Kabyle et seulement Kabyle depuis. Isolé, exilé, apatride, persécuté , mais fièrement Kabyle. Des hommes comme Ferhat et Feu Maatoub nous permirent tous et toutes de subsister. Leur poésie est un baume pour le cœur et leur combat pacifique est le mien. Celui de tout un peuple, le Peuple Kabyle!
Avant de vous quitter, Madame, permettez-moi de vous raconter cette autre plaie que chaque enfant kabyle porte en lui :
Je n’ oublierai jamais les 4 gifles que j’ avais reçues au collège des mains de cette énergumène venue de Palestine et déguisée en prof. Nous avions 12 ans à ce moment là. Le cours d’ arabe était un enfer. Il débutait toujours par "Nahou wa Sarf – El aasa limen aasa, wal asa min el janna" ( Grammaire et conjugaison – le bâton pour ceux qui désobéissent et le bâton est un objet du paradis" . Un jour, il nous demanda de mettre le mot "Imraa" ( femme) au pluriel. Ce n’ était pas évident pour les non-arabes que nous étions et sommes toujours. Chacun tordit sa langue du mieux qu’il put pour trouver ce fameux pluriel. Malheureusement aucune des combinaisons ne marcha, car ce maudit pluriel est irrégulier. A chaque fois, le fautif eut à aller au tableau pour recevoir sa gifle de ce bourreau palestinien. Toute la classe y passa. Nous étions 42 élèves. Ce fut une séance de gifles en Algérie indépendante et ce fut la naissance de L’ Anejiri!
Bref, quand vint mon tour, je luis dis ‘Tulas’. Il me flanqua une gifle. -C’est quoi ça? ce n’ est pas de l’ arabe! Je luis répondis que c’ était du Kabyle. -C’ est quoi le Kabyle? Je répondis : ma langue, la langue de mes parents, de ma tribu, de mon village, de mon pays!!! J’ eus droit à une autre gifle, encore plus sauvage. -Tu es arabe et ton pays est arabe. Il me demanda de répondre encore une fois, je luis dis "Lkhalat". Il me balança une autre gifle. – Encore un autre essai? fit-il . Je répondis:Tilawin, vous voyez , nous avons trois pluriels pour le mot "tametut". Il m’ assomma d’ une autre gifle, du revers de la main cette fois-ci. Je rentrai chez nous défiguré. J’en fus malade pendant plusieurs années. Aujourd’hui encore, quand je pense à ce pauvre idiot, je lui balance le message et salut spécial de Feu Kateb Yacine : « Inaal Din Rabak »
Quelques années après cet événement traumatisant, je découvris la chanson "Aqcic du Aatar " (L’enfant et le sorcier) de …Ferhat Mehenni. Ce poème de Ferhat me fit réaliser que tout un peuple était torturé par l’Algérie et l’ est toujours. Je réalisai alors que mon peuple Kabyle subit un génocide culturel de la part de l’ Algérie de Ibrahimi, Tewfik El Madani, le KDS (Kabyle de Service) Mouloud Kacem Nait Belkacem & Co. Cela ne fit que s’ aggraver. L’ attitude anti-kabyle très présente dans l’ administration algérienne fut de plus en plus manifeste. Exemple: L’ on sait fort bien que tout le monde en Algérie essaie de baragouiner en français, mais dès qu’ un Kabyle se présente ( entre autres dans les consulats algériens) et parle en français: ‘Wach kho, anta gawri ula wach?" De la provocation pure et simple.
Aujourd’hui, je dis tout simplement: Je suis Kabyle. Citoyen de la République de Kabylie et je salue en ce jour de Yennayer mon vaillant Peuple, mes frères et mes sœurs Kabyles en Kabylie et dans la diaspora et tous les Imazighen. En particulier à mon Président Mas Ferhat Mehenni, je dis Azul Ahmayan!
Quant à vous, Madame, un entretien avec Mas Ferhat Mehenni vous permettrait de constater qu’ il n’ a aucune haine de qui que ce soit. C’ est un homme cultivé et un gentleman qui respecte toutes les langues et toutes les cultures. L’ arabe entre autres est une belle langue et Ferhat vous le confirmera, mais m’ en voudriez-vous si j’ affirme que le Kabyle est la langue la plus belle de toutes et qu’elle est la plus sacrée des langues pour le Kabyle que je suis? Je pourrais réciter cet énoncé ( et je l’ai fait sur tous les continents). Savez-vous? Il n’ y que les Arabes que cela dérange, au nom de la sacro-sainte « unité nationale » qui n’ existe même pas. Pourriez-vous l’ expliquer? A ma connaissance, les Algériens s’ en fichent les uns des autres ( misère, hogra, tricheries, sorqa, zatla, qtiila). Ils n’ évoquent leur unité chimérique que pour casser du Kabyle. N’ est-ce pas la raison pour laquelle, on voit s’ accentuer crescendo ce matraquage médiatique ( auquel vous participez) afin de servir en plat de résistance encore une fois ces maudits Kabyles pour détourner l’attention des Algériens de la mal vie et des coups qui se trament au sommet? Il y a même un bruit de bottes aux frontières à ce qu’il paraît juste au cas oú les Kabyles ne mordent pas à l’ hameçon. Too bad for you, car aujourd’hui notre peuple est encadré par un Gouvernement Provisoire responsable. Nous sommes des Hommes et des Femmes de paix. Nous rejetons la violence, car notre Cause est juste, c’est Aatar, le sorcier-colon qui est toujours en faute et assassine des enfants comme au Printemps 2001!
Bien à vous,
Tannemirt et ar tufat!
Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
"Il est des jours comme ça où les interrogations pleuvent sans que l’on puisse y apporter la moindre réponse qui apaise la colère ou renseigne sur les suites à donner aux attentes qui s’expriment, toujours, un peu plus violemment. Et alors que les regards se tournent vers ces villes qui s’embrasent à la moindre étincelle, je reste bloquée sur la haine que manifestent certains à l’égard du pays en craignant que toute colère spectaculaire puisse servir leurs fâcheuses ambitions.
Ce n’est peut-être pas le moment de réfléchir à ce que cela suppose pour un fils d’en arriver à trahir une entité pour laquelle le père a sacrifié sa vie. Je n’arrive personnellement pas à croire qu’il puisse exister des Algériens indignes d’être qualifiés comme tels. Quand on est enfant de martyr, que l’on n’a pas eu la chance de connaître son père froidement exécuté pour ses convictions et son engagement tout juste quelques jours après avoir vu le jour, on ne peut ni accepter qu’un énergumène en mal de reconnaissance complote contre son pays ni que des petits malins placés à des fonctions respectables de l’Etat puissent, impunément, vider les caisses de ce qui revient légitimement aux Algériens. Mais comment ne pas réagir quand des propos tenus à l’égard de l’Algérie deviennent de plus en plus immondes ? Depuis quand la France aurait-elle intérêt à récupérer la Kabylie pour garder son influence sur le nord de l’Afrique ?
Certains soutiendront qu’il ne faut pas en parler. Bien sûr que oui et même plus souvent qu’on ne pense à le faire ! Entre ceux qui dépouillent les Algériens et ceux qui appellent à la haine de l’autre, il y a des silences qui en disent long sur les offres de service et les asservissements allègrement assumés.
L’avantage avec un Ferhat Mehenni, c’est qu’il dit haut et fort son racisme et sa haine de la différence. En voilà un qui regrette, sans doute, que son père ait pu penser, en combattant, qu’avant d’être kabyle, il était algérien. J’apprends que les Arabes sont majoritaires en Algérie comme j’ignorais que les Kabyles s’étaient élevés contre une guerre de libération menée par les seuls Arabes. "
Nous reproduisons ci-dessous le texte de Malika Boussouf afin que le Peuple Kabyle voit comment est traité l’un des leurs par les médias algériens.
Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Il est des jours comme ça où les interrogations pleuvent sans que l’on puisse y apporter la moindre réponse qui apaise la colère ou renseigne sur les suites à donner aux attentes qui s’expriment, toujours, un peu plus violemment. Et alors que les regards se tournent vers ces villes qui s’embrasent à la moindre étincelle, je reste bloquée sur la haine que manifestent certains à l’égard du pays en craignant que toute colère spectaculaire puisse servir leurs fâcheuses ambitions.
Ce n’est peut-être pas le moment de réfléchir à ce que cela suppose pour un fils d’en arriver à trahir une entité pour laquelle le père a sacrifié sa vie. Je n’arrive personnellement pas à croire qu’il puisse exister des Algériens indignes d’être qualifiés comme tels. Quand on est enfant de martyr, que l’on n’a pas eu la chance de connaître son père froidement exécuté pour ses convictions et son engagement tout juste quelques jours après avoir vu le jour, on ne peut ni accepter qu’un énergumène en mal de reconnaissance complote contre son pays ni que des petits malins placés à des fonctions respectables de l’Etat puissent, impunément, vider les caisses de ce qui revient légitimement aux Algériens. Mais comment ne pas réagir quand des propos tenus à l’égard de l’Algérie deviennent de plus en plus immondes ? Depuis quand la France aurait-elle intérêt à récupérer la Kabylie pour garder son influence sur le nord de l’Afrique ? Certains soutiendront qu’il ne faut pas en parler. Bien sûr que oui et même plus souvent qu’on ne pense à le faire ! Entre ceux qui dépouillent les Algériens et ceux qui appellent à la haine de l’autre, il y a des silences qui en disent long sur les offres de service et les asservissements allègrement assumés. L’avantage avec un Ferhat Mehenni, c’est qu’il dit haut et fort son racisme et sa haine de la différence. En voilà un qui regrette, sans doute, que son père ait pu penser, en combattant, qu’avant d’être kabyle, il était algérien. J’apprends que les Arabes sont majoritaires en Algérie comme j’ignorais que les Kabyles s’étaient élevés contre une guerre de libération menée par les seuls Arabes.
M. B.
LIRE AUSSI :
– Plan algérien machiavélique contre l’indépendatiste kabyle Ferhat Mehenni
– Vœux du Président de l’Anavad pour le nouvel an
La rédaction
SIWEL 111527 JAN 17
