Boualem Sansal : l’Algérie l’a condamné, la France le rend immortel
PARIS (SIWEL) — L’écrivain Boualem Sansal a été élu ce jeudi 29 janvier à l’Académie française deux mois après avoir croupi pendant un an dans les geôles du régime algérien. Il rejoint les 40 membres traditionnellement appelés les « immortels » de la prestigieuse institution de défense de la langue française fondée en 1634 par le cardinal de Richelieu.
Arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à l’aéroport d’Alger en provenance de France, le régime algérien l’a condamné arbitrairement à cinq ans de prison en mars 2025 pour atteinte à son intégrité territoriale après avoir déclaré à la presse française que la France avait injustement transféré des territoires marocains à l’Algérie durant la période coloniale de 1830 à 1962.
Les romans de Sansal mettent en garde contre les risques d’une montée de l’autoritarisme mais aussi d’une islamisation, rendant leur auteur profondément impopulaire auprès des autorités de son pays natal.
En plus de détenir dans ses geôles des centaines de prisonniers politiques kabyles, dont des condamnés à mort, la junte au pouvoir à Alger retient toujours le journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » pour avoir entrepris une enquête sur le joueur camerounais de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), Albert Ebossé, assassiné le 23 août 2014 par les services algériens dans les vestaires du stade du 1er novembre de Tizi-Ouzou.
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