Revue de Presse | Kabylie : un « Israël d’Afrique du Nord » proclame son indépendance, un tournant géopolitique que l’Occident ne peut plus ignorer
Le 14 décembre 2025, à Paris, le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) a proclamé la naissance de la République fédérale de Kabylie, se présentant comme une nation séculaire et pro-occidentale face à une Algérie pro-Russie. Dans une tribune d’opinion publiée sur son blog sur The Times of Israel, l’auteur Amine Ayoub, membre du Middle East Forum basé au Maroc, voit dans cette démarche un espoir stratégique pour les États-Unis, Israël et le Maroc, et un défi lancé au régime algérien, tout en appelant l’Occident à soutenir cette nouvelle entité politique. Siwel publie quelques extraits :
Le 14 décembre 2025, sous l’Arc de Triomphe à Paris, un événement politique majeur a eu lieu : la proclamation de la République fédérale de Kabylie par le MAK, dirigé par Ferhat Mehenni. Cette déclaration, qualifiée de « tremblement de terre géopolitique », marque selon l’auteur la naissance d’un État séculaire, pro-occidental et désireux d’intégrer la communauté des nations libres, à l’opposé du régime algérien qu’il qualifie de base avancée des ennemis de l’Occident.
L’article met en avant la Kabylie comme une « stratégie gagnante » pour les États-Unis, Israël et le Maroc. Il souligne que l’Algérie s’est rapprochée de la Russie et financé des groupes armés, tandis que la Kabylie, avec une constitution interdisant le financement religieux étranger et une orientation démocratique, offrirait un contrepoids stabilisateur dans la région.
La Kabylie est présentée comme parallèle à Israël : un peuple autochtone ayant survécu à des siècles de domination, préservant sa langue et son identité culturelle, et voyant en l’État hébreu non un ennemi mais un modèle de résilience et un partenaire potentiel. Des représentants israéliens étaient présents à la cérémonie de Paris, symbolisant cette affinité.
L’auteur critique aussi l’hypocrisie de l’Algérie, qui soutient l’autodétermination du Sahara occidental tout en réprimant les aspirations de la Kabylie. Il appelle l’Occident à choisir entre continuer à soutenir un régime algérien « moribond » ou embrasser la Kabylie comme alliée démocratique dans la région.
[Traduction intégrale de l’article en français]
Le 14 décembre 2025, à l’ombre de l’Arc de Triomphe à Paris, un séisme géopolitique a frappé la Méditerranée. Il ne s’agissait ni d’un attentat terroriste ni d’un coup d’État, mais d’un acte suprême de défi démocratique. Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), dirigé par le président Ferhat Mehenni, a proclamé officiellement la naissance de la République fédérale de Kabylie.
Pendant que les grands médias dormaient — ou, pire, détournaient le regard pour ménager la junte gazière d’Alger — une nouvelle nation est née : ouvertement laïque, pro-occidentale et désireuse de rejoindre la communauté des nations libres. Pour les États-Unis, Israël et le Maroc, il ne s’agit pas d’une revendication ethnique marginale, mais du miracle stratégique que nous attendions.
L’« anti-Algérie » : un atout stratégique pour l’Amérique
Pour comprendre pourquoi la Kabylie compte, il faut comprendre ce contre quoi elle se bat. Le régime algérien actuel n’est pas seulement une dictature ; il constitue une base avancée pour les ennemis de l’Amérique. Alger s’est transformée en avant-poste méditerranéen du Kremlin, devenant le premier client international à déployer les chasseurs furtifs russes Su-57 — des armes conçues exclusivement pour défier l’OTAN et la domination navale américaine.
Alors que Washington cherche des partenaires fiables, Alger ouvre grand ses portes au groupe Wagner (désormais Africa Corps) pour déstabiliser le Sahel. À l’inverse, la République kabyle nouvellement proclamée offre un point d’ancrage de stabilité. La Constitution kabyle interdit explicitement tout financement religieux étranger, protégeant l’État de la radicalisation islamiste qui ravage la région. Une Kabylie indépendante, contrôlant le terminal pétrolier stratégique de Béjaïa, briserait le chantage énergétique exercé par la junte soutenue par la Russie sur l’Europe.
Marco Rubio a à juste titre alerté sur le danger que représente la militarisation incontrôlée de l’Algérie. Une Kabylie libre constitue le contre-poids ultime à cette menace : un coin démocratique enfoncé au cœur de l’axe Russie-Iran en Afrique du Nord.
L’Israël du Maghreb
Les parallèles entre la Kabylie et Israël sont d’une précision troublante. Comme le peuple juif, les Kabyles sont une nation autochtone qui a survécu à des siècles de conquêtes arabo-islamiques, préservant leur langue, leur culture et leur identité contre toute attente. Ce n’est pas un hasard si des parlementaires israéliens étaient présents à la cérémonie parisienne, côte à côte avec les dirigeants kabyles.
Le mouvement indépendantiste kabyle ne considère pas Israël comme un ennemi, mais comme un modèle de résilience autochtone. Dans une région submergée par un antisionisme virulent — où le régime algérien soutient le Hamas et criminalise tout contact avec des Israéliens — la Kabylie se distingue comme un phare de raison. Ferhat Mehenni s’est rendu à Jérusalem et évoque un destin commun.
Pour Israël, soutenir la Kabylie revient à redonner vie à la « doctrine de la périphérie ». C’est l’occasion de cultiver un allié partageant les mêmes valeurs et les mêmes adversaires. Si Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient, la Kabylie est appelée à devenir la seule démocratie laïque du Maghreb.
La justification du Maroc et la fin de l’hypocrisie
Depuis des décennies, le Royaume du Maroc est la seule puissance régionale durablement pro-américaine, malgré l’agression constante d’Alger via le groupe séparatiste du Front Polisario. La proclamation de l’indépendance de la Kabylie met à nu l’hypocrisie terminale du régime algérien.
Alger dépense des milliards pour armer des séparatistes afin de démembrer le Maroc au nom de la « détermination des peuples », tout en écrasant brutalement les aspirations pacifiques et démocratiques des neuf millions de Kabyles vivant à l’intérieur de ses propres frontières. On ne peut pas réclamer l’indépendance d’un État fantôme dans le Sahara tout en emprisonnant une nation bien réelle dans les montagnes.
Le Maroc comprend qu’une Kabylie libre serait un voisin ami, non une menace. Elle incarne le démantèlement de l’État militaire hostile qui a pris en otage le Maghreb pendant soixante ans.
Le choix de l’Occident
La déclaration du 14 décembre avait initialement été interdite au Palais des Congrès de Versailles sous la pression algérienne — une capitulation honteuse des autorités françaises. Mais l’événement a finalement eu lieu, digne et défiant.
L’Occident est face à un choix binaire. Soit continuer à soutenir un régime algérien vieillissant et décadent, qui achète des avions russes, alimente le ressentiment anti-occidental et exporte l’instabilité. Soit soutenir la République fédérale de Kabylie : une nation qui inscrit l’égalité femmes-hommes dans sa Constitution, entonne son hymne aux côtés d’alliés israéliens et regarde vers Washington, et non vers Moscou, pour bâtir son avenir.
L’Histoire s’est écrite à Paris. Il est temps que Washington et Jérusalem la lisent. La carte de l’Afrique du Nord est en train de changer — et, pour une fois, elle change en faveur de l’Occident.
À propos de l’auteur
Amine Ayoub est chercheur-rédacteur au Middle East Forum, analyste politique et essayiste basé au Maroc.
[Version originale en anglais]
The Israel of North Africa just declared independence – the West can’t ignore it
The newly-proclaimed Republic of Kabylia is an indigenous nation that survived centuries of Arab-Islamic conquest, preserving their language and identity against all odds
On December 14, 2025, in the shadow of the Arc de Triomphe in Paris, a geopolitical earthquake struck the Mediterranean. It wasn’t a terrorist attack or a coup d’état, but an act of supreme democratic defiance. The Movement for the Self-Determination of Kabylia (MAK), led by President Ferhat Mehenni, formally proclaimed the birth of the Federal Republic of Kabylia.
While the mainstream media slept, or worse, looked away to appease the gas-rich junta in Algiers, a new nation was born—one that is unabashedly secular, pro-Western, and eager to join the community of free nations. For the United States, Israel, and Morocco, this is not just a niche ethnic grievance; it is the strategic miracle we have been waiting for.
The ‘anti-Algeria’: A strategic asset for America
To understand why Kabylia matters, you must understand what it is fighting against. The current Algerian regime is not merely a dictatorship; it is a forward operating base for America’s enemies. Algiers has transformed itself into a Mediterranean outpost for the Kremlin, becoming the first international client to deploy Russian Su-57 stealth fighters—weapons designed solely to challenge NATO and US naval dominance.
While Washington looks for reliable partners, Algiers opens its arms to the Wagner Group (now Africa Corps) to destabilize the Sahel. In stark contrast, the newly proclaimed Kabyle Republic offers a foothold of stability. The Kabyle constitution explicitly forbids foreign religious funding, insulating the state from the Islamist radicalism that plagues the region. An independent Kabylia, controlling the critical oil terminal of Bejaia, would break the Russian-backed junta’s energy blackmail over Europe.
Marco Rubio has rightly flagged the danger of Algeria’s unchecked militarization. A free Kabylia is the ultimate check on that threat—a democratic wedge driven deep into the heart of the Russia-Iran axis in North Africa.
The Israel of the Maghreb
The parallels between Kabylia and Israel are hauntingly precise. Like the Jewish people, the Kabyles are an indigenous nation that has survived centuries of Arab-Islamic conquest, preserving their language, culture, and identity against all odds. It is no coincidence that Israeli parliamentarians were present at the Paris ceremony, standing shoulder to shoulder with Kabyle leaders.
The Kabyle independence movement views Israel not as an enemy, but as a model of indigenous resilience. In a region drowning in virulent anti-Zionism—where the Algerian regime champions Hamas and criminalizes contact with Israelis—Kabylia stands apart as a beacon of reason. Ferhat Mehenni has visited Jerusalem and speaks of a shared destiny.
For Israel, supporting Kabylia is the revitalization of the “Periphery Doctrine.” It is an opportunity to cultivate an ally that shares its values and its enemies. If Israel is the lone democracy in the Middle East, Kabylia is poised to become the lone secular democracy in the Maghreb.
Morocco’s vindication and the end of hypocrisy
For decades, the Kingdom of Morocco has been the region’s only reliable pro-American hegemony, despite facing relentless aggression from Algiers via the Polisario Front separatist group. The proclamation of Kabyle independence exposes the Algerian regime’s terminal hypocrisy.
Algiers spends billions arming separatists to partition Morocco in the name of “self-determination,” yet brutally crushes the peaceful, democratic aspirations of the 9 million Kabyles within its own borders. You cannot demand independence for a phantom state in the Sahara while imprisoning a real nation in the mountains.
Morocco understands that a free Kabylia is a friendly neighbor, not a threat. It represents the dismantling of the hostile military state that has held the Maghreb hostage for sixty years.
The choice for the West
The December 14 declaration was originally banned from the Palais des Congrès in Versailles due to Algerian pressure—a shameful capitulation by French authorities. But the event went ahead, defiant and dignified.
The West faces a binary choice. We can continue to prop up a decaying, gerontocratic Algerian regime that buys Russian jets, funds anti-Western sentiment, and exports instability. Or, we can support the Federal Republic of Kabylia: a nation that writes women’s equality into its constitution, sings its anthem alongside Israeli allies and looks to Washington, not Moscow, for its future.
History has been written in Paris. It’s time for Washington and Jerusalem to read it. The map of North Africa is changing, and for once, it is changing in the West’s favor.
About the author
Amine Ayoub is a writing fellow with the Middle East Forum, is a policy analyst and writer based in Morocco.
The Blogs: The Israel of North Africa just declared independence – the West can’t ignore it | Amine Ayoub | The Times of Israel
