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Le peuple kabyle et la solidarité. Par Masin At Amar

La solidarité chez le peuple kabyle est un concept global et ancien, unissant la qualité de vie, le respect mutuel, l’entraide morale et matérielle. Elle désignant aussi la résultante de toutes les forces face à l’ennemi commun. Si l’adversité non violente se rencontre de temps à autre dans la société kabyle, elle est due expressément au caractère de liberté profondément ancré dans l’individu et, par extrapolation, dans la société kabyle toute entière. Dans une perspective historique, ce caractère est renforcé par cet altruisme typiquement kabyle qui consiste toujours à porter secours au monde extérieur, sans analyser résolument les conséquences possibles qui pourraient se retourner contre lui. Sa réponse se révèle toutefois par le courage, en cas de préjudice personnel ou de dommages touchant tout le peuple kabyle. Cette doxa kabyle symbolise ses luttes anciennes et contemporaines contre les adversaires de son existence.

Aujourd’hui, les événements survenus après l’indépendance en 1962 le rappellent avec force. En 1963, la trahison de l’armée des frontières algériennes; en 1980, le Printemps kabyle (appelé Printemps berbère“par solidarité avec les autres peuples Amazighs); en 1994, le boycott scolaire appelé « boycott du cartable“; en 2001, excédé par le pouvoir central totalitaire et raciste d’Alger, le peuple kabyle manifeste sa colère en marchant en masse de la Kabylie vers la capitale algérienne. La réponse du substitut colonial politico-militaire d’Alger ne se fait pas attendre longtemps. Ses forces de répression, tirant à balles réelles sur les manifestants, causent 128 morts et de très nombreux blessés, dont beaucoup demeurent handicapés à vie. Ce fut le « printemps noir“.

Exacerbée par la politique tyrannique et colonialement virulente anti-kabyle du système algérien, la Kabylie, par décision démocratique de son gouvernement ANAVAD, de son parlement IMNI, de son mouvement pacifique, le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), et naturellement, de l’ensemble des Kabyles fondamentalement solidaires dans le soutien indéfectible à leur libération, déclare légitimement son indépendance le 14 décembre 2025. Le colonialisme, quelle que soit sa forme, s’efface ainsi de facto de l’esprit du peuple kabyle. Psychologiquement, les Kabyles se sont libérés à la fois du colonialisme des bureaux militaires coloniaux français depuis 1857 et du colonialisme du système militaro-politique algérien depuis 1963. Ce dernier demeure cependant géopolitiquement un envahisseur, comme en témoignent les emprisonnements arbitraires d’hommes et de femmes kabyles, auxquels il reproche leur seule responsabilité humaine naturelle de faire vivre pacifiquement leur langue, leur culture et la démocratie kabyles.

Par son indépendance, un souffle nouveau de fierté se propage en Kabylie et parmi tous les Kabyles de la diaspora. Le peuple kabyle est à nouveau un peuple rassemblé, pleinement inscrit dans l’humanité tout entière. Il n’a pas usurpé son pays. Il n’est pas belliqueux. Il veut simplement exister comme tous les autres peuples.

Le rassemblement du 19 Avril 2026 à Paris et dans les pays à forte densité kabyle, témoigne de l’endurance de la nation kabyle à retrouver sa destinée étatique moderne au sein de la République fédérale kabyle. En tant qu’entité moderne, elle incarne, fondamentalement dans sa structure sociale, des valeurs incontournables telles la solidarité, la démocratie et la tolérance de tous les cultes, aujourd’hui reconnues comme les fondements socio-politiques kabyles par le monde entier.

La solidarité kabyle, étendue à celle de ses partisans et soutiens, constitue une valeur ajoutée assurant le progrès de la reconnaissance de la République fédérale kabyle (RFK). Elle ne se réduit pas au bénévolat. Elle est une valeur inhérente à la société kabyle.
Le peuple kabyle, débarrassé du système oppresseur d’Alger qui se voulait colonisateur sempiternel, manifeste pour exprimer sa solidarité naturelle envers les prisonniers politiques kabyles et envers tous les prisonniers d’opinion du colonialisme algérien.
Masin At Amar
Ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale
Gouvernement kabyle en exil (Anavad)

SIWEL 152225 AVR 26

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