Kabylie (Siwel) – Le 18 juillet 2024 restera une date sombre dans la mémoire collective kabyle. Ce jour-là, après douze jours de garde à vue, plusieurs militants et citoyens kabyles ont été transférés de force vers Alger, en pleine nuit, loin de leur terre natale. Il s’agissait de Mira Moknache, Ghilas Benkerrou, Rafik Belayel, Salim Bouaza, Tahar Achiche, Mustapha Akkouche, Lkhoudir Bouchelaghem, Yuva Menguelat et son père, Lounès Ghougad, Malek Boudjemaa, Mokrane Boudjemaa, Ferhaten Nadir, Sofiane Ouali ainsi que d’autres citoyens engagés.
Les dossiers des détenus étaient vides de charges sérieuses. Les autorités savaient qu’un procès tenu en Kabylie aurait très probablement conduit à leur libération. Conscientes de l’absence de preuves substantielles, elles ont opté pour un transfert vers Alger, où le contrôle sur l’appareil judiciaire est plus étroit. Cette manœuvre visait clairement à garantir un traitement plus répressif et à empêcher une issue judiciaire favorable aux citoyens Kabyles
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Depuis cette arrestation arbitraire, plus de seize mois se sont écoulés. Seize mois de détention injustifiée pour des militants pacifiques dont l’engagement n’a jamais été celui de la violence, mais celui de la parole libre, de la dignité et de la justice. En les éloignant de leur terre natale, le pouvoir a cherché à les isoler et à briser les élans de solidarité locale, sans toutefois parvenir à éteindre leur détermination ni celle de leurs soutiens.
Aujourd’hui, ces militants et citoyens demeurent arbitrairement détenus. Leur procès en première instance est programmé pour le jeudi 25 décembre 2025, une échéance cruciale qui met une nouvelle fois à l’épreuve la crédibilité de la justice coloniale algérienne et le respect des droits fondamentaux.
Face à l’arbitraire, le silence n’est pas une option. Tous les détenus injustement incarcérés pour leur engagement pacifique méritent soutien et solidarité. Leur lutte pour la dignité, la liberté d’expression et la justice est légitime. S’élever contre les injustices n’est pas un choix : c’est un devoir.
Liberté aux détenus politiques Kabyles.
Liberté pour la Kabylie.
mb
SIWEL 222118 DEC 25