MONDIAL 2026 : LA FIFA ÉVOQUE CHRISTOPHE GLEIZES, « LE SEUL JOURNALISTE SPORTIF EMPRISONNÉ AU MONDE »
À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a évoqué le cas du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie. Spécialiste du football africain, celui-ci enquêtait notamment sur la mort suspecte de l’international camerounais Albert Ebossé, attaquant vedette de la JS Kabylie décédé à Tizi-Ouzou en 2014 dans des circonstances qui demeurent controversées. L’agence de presse SIWEL appelle journalistes, médias d’investigation et défenseurs des droits humains à poursuivre les recherches que son emprisonnement il y a un an tente d’interrompre.
PARIS (SIWEL) — Lors de la conférence de presse organisée à Mexico mercredi 10 juin, à la veille du match d’ouverture de la Coupe du monde, le président de la FIFA, Gianni Infantino a publiquement évoqué le cas du français Christophe Gleizes, « qui est le seul journaliste sportif emprisonné dans le monde« , détenu en Algérie depuis un an, condamné à sept années de prison pour « apologie du terrorisme » (sic).
Cette intervention place sous les projecteurs internationaux une affaire qui dépasse largement le cadre de la liberté de la presse. Car Christophe Gleizes n’était pas seulement un journaliste sportif couvrant l’actualité du football africain. Spécialiste reconnu de ce domaine, il s’était rendu en Algérie en 2024 pour enquêter sur la mort suspecte d’Albert Ebossé Bodjongo, international camerounais et attaquant de la Jeunesse Sportive de Kabylie.
Le destin a voulu que le journaliste qui cherchait à comprendre les circonstances entourant la disparition d’un footballeur se retrouve lui-même privé de liberté.
Pour faire un reportage sur la JS Kabylie, le journaliste français s’est rendu à Tizi Ouzou, en Kabylie où il a a été arrêté le 28 mai 2024 par la police algérienne. Placé sous contrôle judiciaire pendant 13 mois, il a été condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». Sa peine a été confirmée le 3 décembre 2025 par la cour d’appel de Tizi Ouzou.
Le 23 août 2014, Albert Ebossé trouvait la mort à Tizi-Ouzou à l’âge de 24 ans. Depuis lors, de nombreuses interrogations persistent autour des circonstances exactes de son décès. Les contradictions relevées au fil des années, les témoignages divergents, les expertises et contre-expertises médicales ainsi que les demandes répétées d’investigations complémentaires formulées par ses proches et plusieurs personnalités du football africain ont laissé subsister de nombreuses zones d’ombre.
C’est précisément ce type de dossier que le travail journalistique a vocation à documenter. Enquêter, vérifier les faits, recueillir les témoignages, confronter les versions et rechercher la vérité constituent l’essence même de ce métier.
Aujourd’hui, alors que le football mondial célèbre sa plus grande fête, l’affaire Ebossé et l’emprisonnement de Christophe Gleizes apparaissent comme les deux faces d’une même réalité : l’une concerne la recherche de justice pour un footballeur disparu ; l’autre concerne la liberté d’un journaliste qui cherchait à comprendre.
La meilleure manière d’honorer la mémoire d’Albert Ebossé n’est pas de laisser son dossier sombrer dans l’oubli. La meilleure manière de soutenir Christophe Gleizes n’est pas seulement de réclamer sa libération. C’est aussi de poursuivre le travail qu’il avait entrepris.
Depuis le décès d’Albert Ebossé, SIWEL a publié plusieurs dizaines d’articles consacrés à cette affaire, constituant au fil des années l’un des fonds documentaires les plus complets disponibles sur ce dossier. Cette documentation retrace les différentes étapes de l’affaire, les versions successivement avancées, les témoignages recueillis, les analyses médico-légales, les réactions de la famille du joueur, les prises de position de personnalités du football camerounais ainsi que les développements judiciaires et sportifs qui ont suivi.
Afin de faciliter le travail des journalistes, chercheurs, organisations de défense des droits humains et médias d’investigation souhaitant approfondir ce dossier, SIWEL met aujourd’hui à leur disposition un dossier documentaire regroupant l’ensemble de ses publications consacrées à l’affaire Albert Ebossé :
📄 Télécharger le dossier documentaire :
[Affaire-Albert-Ebossé_Dossier-documentaire_SIWEL.pdf]
SIWEL appelle les journalistes d’investigation, les médias internationaux, les organisations de défense de la liberté de la presse, les associations de défense des droits humains, les acteurs du football africain et mondial ainsi que tous ceux qui restent attachés à la vérité à reprendre et approfondir les investigations relatives à l’affaire Albert Ebossé.
Car si Albert Ebossé a été privé de la possibilité de raconter ce qui lui est arrivé, Christophe Gleizes est aujourd’hui empêché de poursuivre les recherches qui auraient pu contribuer à l’établissement de la vérité.
À l’heure où le monde entier a les yeux tournés vers les stades du Mondial 2026, l’enquête que Christophe Gleizes ne peut plus mener depuis sa cellule ne doit pas s’arrêter avec son emprisonnement. Elle doit au contraire être reprise, approfondie et poursuivie par tous ceux qui considèrent que la recherche de la vérité ne constitue pas un crime.
Le football mondial célèbre aujourd’hui son plus grand rendez-vous. Mais il ne devrait pas oublier qu’au-delà des trophées, des records et des festivités, subsistent encore des questions qui attendent des réponses, un footballeur dont la famille attend toujours la vérité et un journaliste emprisonné pour avoir voulu la rechercher.
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SIWEL 112234 JUIN 26
