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L’indépendance de la Kabylie portée au Parlement canadien

Ottawa, le 25 février 2026 (SIWEL) – Pour la première fois depuis la proclamation de la déclaration d’indépendance de la Kabylie, le Président du Gouvernement kabyle en exil, Ferhat Mehenni, accompagné d’une délégation de cadres et de militants, a rencontré mercredi 25 février des députés fédéraux canadiens afin de porter la voix du peuple kabyle au cœur des institutions démocratiques vers la reconnaissance internationale de la République fédérale de Kabylie.

Parmi les parlementaires rencontrés figuraient notamment le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ainsi que son prédécesseur, Mario Beaulieu, aux côtés d’autres députés engagés sur des dossiers internationaux majeurs : droits humains, protection de l’environnement, droits des peuples autochtones et développement durable.

L’objectif de cette mission était clair : exposer sans détour le contexte politico-historique ayant conduit le peuple kabyle à proclamer son indépendance, et appeler les représentants élus d’un pays démocratique à soutenir le droit inaliénable de la Kabylie à l’autodétermination. Il s’agit désormais de faire entrer la question kabyle dans l’enceinte du Parlement fédéral canadien et, au-delà, dans le débat international.

Durant plusieurs heures d’échanges approfondis, la délégation kabyle a détaillé les politiques de répression menées par l’État algérien depuis 1962 : arrestations massives, détentions politiques, condamnations arbitraires, actes de torture, falsifications de preuves et instrumentalisation de la justice. La désignation du MAK comme « organisation terroriste » a été dénoncée comme une manœuvre cynique destinée à criminaliser l’engagement pacifique et à légitimer une traque systématique des militants kabyles pour le simple fait de revendiquer leur identité et leurs droits.

Les témoignages présentés ont profondément marqué les parlementaires. Manissa At Kassi, militante arrêtée, humiliée, condamnée, et emprisonnée a livré un récit bouleversant de la répression subie. Sadia Benmrabet a, pour sa part, dénoncé les pressions exercées contre elle dans l’exercice de son métier d’enseignante de langue kabyle, illustrant l’hostilité institutionnelle à l’égard de l’identité et de la culture kabyles.

Le Président Ferhat Mehenni a rappelé que ces faits ne sont pas des cas isolés, mais s’inscrivent dans un système de domination et d’intimidation. Il a fermement condamné la criminalisation d’un mouvement pacifique tout en soulignant les contradictions d’un régime qui, selon lui, instrumentalise l’accusation de terrorisme pour étouffer toute revendication démocratique.

La question des feux de forêt en Kabylie a également occupé une place centrale dans les discussions. Le Président a dénoncé la répétition annuelle de ces incendies dévastateurs, qui ont causé la mort de centaines de citoyens et provoqué des pertes matérielles considérables. 

Le Directeur des relations internationales, Karim Achab, a insisté sur les indices troublants concernant l’origine de certains incendies impliquant le régime algérien: déclenchements simultanés, foyers alignés à intervalles réguliers, départs de feu dans des zones difficilement accessibles, ainsi que divers éléments matériels relevés sur les sites sinistrés. Ces points ont été soumis à l’appréciation des parlementaires dans le cadre d’un appel à une attention internationale accrue.

Enfin, l’exploitation du gisement de zinc de Tala Hamza a été évoquée comme un exemple supplémentaire d’une politique menée sans considération pour la santé des populations locales ni pour l’équilibre environnemental de la région.

Au terme de ces rencontres, il a été convenu de poursuivre le dialogue et d’approfondir l’examen des dossiers présentés. Cette première étape marque le début d’un travail diplomatique soutenu visant à inscrire durablement la question kabyle dans les débats internationaux.

La Kabylie avance. Sa voix se fait entendre. Son droit à la liberté et à la dignité ne pourra être indéfiniment ignoré.

lb/wbw
SIWEL 261405 FEV 26

 

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