Un militant de la Coordination MAK-Anavad de Raffour présenté devant le tribunal colonial de Tuvirett
RAFFOUR (SIWEL) — Omar Kechadi, jeune militant de 22 ans, très actif au sein de la Coordination MAK-Anavad de Raffour et qui a été l’un des initiateurs de l’action de levée de drapeau kabyle sur le tombeau du guerrier Takfarinas, a été présenté aujourd’hui, 28 juin, devant le tribunal colonial de Tuvirett.
Tout commença aujourd’hui, lorsqu’à 8h du matin, Omar s’est présenté à la brigade de gendarmerie d’Imceddalen (M’chedallah) suite à une convocation pour dépôt de plainte. Arrivé sur place, on lui a expliqué qu’un certain Moukraoui Fares de Raffour a déposé une plainte contre lui.
Les gendarmes lui ont alors demandé de les suivre pour se rendre au tribunal colonial de Tuvirett. Omar a refusé et a demandé de voir un avocat.
Les gendarmes ont alors insisté et ont fait croire au militant que c’était uniquement pour récupérer une convocation.
Une fois au tribunal, Omar Kechadi s’est retrouvé face à un juge. Moukraoui Fares y était également. Ce dernier accuse le militant du MAK-Anavad de lui avoir donné un coup de bâton au niveau du bras et de l’avoir blessé. Les faits remonteraient, selon l’accusateur, au 20 mai 2017 à 16h à Raffour.
Le 20 mai 2017, c’était le jour où le MAK-Anavad a appelé à une marche à Tuvirett pour dire que « Tuvirett d Taqvaylit » (Bouira est kabyle). Omar Kechadi, deux autres militants de Raffour, un militant de Tazmalt et Aghiles Remidi étaient dans une voiture à Raffour en direction de Tuvirett, vers le lieu de la marche.
Avant que les cinq militants ne prennent la route, Moukraoui Fares, connu pour être un agent des autorités coloniales (un indicateur), a pris en photo la matricule du véhicule. Quelques kilomètres après leur départ, le véhicule a été arrêté par la gendarmerie et les cinq militants ont été conduits au commissariat colonial.
Relâchés dans l’après-midi, les militants, rejoints par d’autres, ont fermé la route à Raffour pour exiger la libération des militants arrêtés. C’est là que Omar Kechadi aperçoit Moukraoui Fares et lui a reproché d’avoir trahi ses frères. Omar Kechadi déclare n’avoir aucunement usé de violence à l’égard de cet individu, connu dans toute la région pour être un agent du pouvoir algérien.
D’après nos sources, et nous vérifierons ces informations, une fois au tribunal, Moukraoui Fares n’aurait présenté qu’un certificat médical et un faux témoin. Cela aurait suffi pour que Omar Kechadi soit condamné à 2 mois de prison avec sursis et à une amende de 120 000DA, dont la somme de 100 000 DA serait demandée par l’indicateur Moukraoui Fares. Omar Kechadi n’aurait même pas eu droit à un avocat.
Nous reviendrons prochainement sur cette affaire qui semble être un scénario totalement préparé pour accabler un jeune militant pacifique.
nbb
SIWEL 282024 Jun 17 UTC
