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27 janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste

EXIL (SIWEL) — Le 27 janvier marque une date majeure dans l’histoire et la conscience de l’humanité. Il commémore la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau en 1945 et rappelle l’un des crimes les plus graves jamais commis : l’extermination systématique de six millions de Juifs par le régime nazi, ainsi que la persécution et l’assassinat de millions d’autres victimes désignées comme indésirables.

Cette journée ne peut se limiter à un simple devoir de mémoire. Elle nous engage collectivement. Se souvenir de l’Holocauste, c’est reconnaître les conséquences tragiques de l’antisémitisme, du racisme, de la haine et de l’exclusion lorsqu’ils sont tolérés, banalisés ou encouragés par les institutions et la société. C’est aussi rappeler que ces crimes ont été rendus possibles par l’indifférence, le silence et la négation des droits fondamentaux.

Cette mémoire inclut également les actes de solidarité et de courage qui, dans l’Europe occupée, ont permis de sauver des vies. Parmi eux figurent des actions menées en 1942 à Paris par la section kabyle des Francs-Tireurs et Partisans (FTP), qui a contribué au sauvetage d’enfants juifs menacés de déportation. Par des réseaux discrets, des filières de protection, de faux papiers ou de mise à l’abri, ces résistants ont choisi de désobéir à l’ordre criminel du régime collaborationniste de Vichy, souvent au péril de leur propre vie.

Un tract manuscrit en kabyle, retrouvé par le réalisateur Derri Berkani, probablement rédigé et diffusé dans le milieu des travailleurs kabyles de la capitale peu après une rafle de Juifs, s’indignait en ces termes :
« COMME NOS ENFANTS. Hier, à l’aube, les Juifs de Paris ont été arrêtés, les vieillards, les femmes comme les enfants, en exil comme nous, ouvriers comme nous. Ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. Si quelqu’un d’entre vous rencontre l’un de ces enfants, il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe. Enfant de Kabylie, ton cœur est grand ! »

Ces faits, longtemps restés dans l’ombre, rappellent que la résistance à la barbarie fut aussi le fait d’hommes et de femmes engagés du côté de l’humanité et de la dignité.

Commémorer les victimes de l’Holocauste, c’est affirmer avec force que la dignité humaine est indivisible et universelle. C’est refuser toute forme de négationnisme, de relativisation ou de réécriture de l’histoire. C’est également réaffirmer notre responsabilité face aux atteintes actuelles aux droits humains, où qu’elles se produisent.

En ce 27 janvier, nous avons un rôle essentiel à jouer : transmettre cette mémoire, éduquer à l’esprit critique et promouvoir les valeurs de respect, de justice et de solidarité. Se souvenir de l’Holocauste, c’est s’engager à combattre toutes les formes de haine et de discrimination, aujourd’hui et demain, afin que de tels crimes ne puissent jamais se reproduire.

Tafat Ugafa
Juriste
Ministre des Affaires juridiques et des Droits humains
Gouvernement kabyle en exil (Anavad)

SIWEL 271245 JAN 28

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