Criminalisation de la colonisation française par le régime algérien : un député français rejette la repentance en évoquant la liberté de la Kabylie
PARIS (SIWEL) — Réagissant à l’adoption à l’unanimité par le Parlement algérien d’une loi visant à criminaliser la colonisation française, le député français Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national (RN), a exprimé son rejet de toute exigence de repentance adressée à la France, en l’inscrivant dans une réflexion plus large sur les responsabilités historiques et les réalités politiques qu’il estime occultées par le discours officiel algérien, parmi lesquelles figure la question de la liberté de la Kabylie, dont la déclaration d’indépendance a été proclamée le 14 décembre dernier à Paris par Ferhat Mehenni, président du Gouvernement kabyle en exil (Anavad) et du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK).
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, Julien Odoul s’est notamment interrogé sur le caractère sélectif, qu’il juge empreint d’incohérences historiques et politiques, d’une telle démarche de l’État algérien, estimant qu’aucune revendication mémorielle adressée à la France ne saurait être envisagée tant que plusieurs pages majeures de l’histoire régionale demeurent, selon lui, occultées ou niées.
Le député de l’Yonne évoque notamment l’absence de condamnation de la Turquie pour les trois siècles de domination ottomane en Algérie, la non-reconnaissance par les pays arabo-musulmans du génocide de millions d’Africains lors de la traite négrière arabo-musulmane, ainsi que le maintien de la Kabylie au sein de l’État algérien, affirmant que « quand la Kabylie sera libre, la France pourra éventuellement réfléchir à s’excuser d’avoir créé l’Algérie ».
Cette prise de position, émanant d’un responsable politique de premier plan au sein du premier parti de France en nombre de voix, introduit explicitement dans le débat public français la question kabyle, présentée comme celle d’un peuple distinct privé de sa liberté, en contraste avec le récit officiel promu par le régime algérien. Elle intervient dans un contexte où ce dernier poursuit une politique de négation de l’existence du peuple kabyle et criminalise toute revendication pacifique d’autodétermination.
Dans un contexte où les autorités algériennes cherchent à pénaliser toute lecture alternative de l’histoire coloniale tout en niant l’existence d’un peuple kabyle et son droit à disposer de lui-même, cette déclaration illustre le fait que la question kabyle s’impose de plus en plus comme un élément structurant des débats internationaux, indépendamment des positions partisanes qui la mobilisent.
ds/wbw
SIWEL, 252138 DEC 25
