Décès de Kacher Ahcène : Ferhat Mehenni salue la mémoire d’un compagnon de route et d’honneur
Dans un message de condoléances personnel, Ferhat Mehenni évoque une relation forgée très tôt, marquée par la transmission des valeurs cardinales de la Kabylie : le courage, la sagesse, l’honneur et le sens du devoir. Il rappelle leurs étés de jeunesse à Maraghna, les travaux partagés à Tizgui, les nuits à protéger les terres de Tala, mais aussi les années de formation et d’engagement, notamment à l’ENS du Vieux-Kouba et au sein de la « Mouhafada » de Tizi Ouzou.
Ferhat Mehenni souligne un épisode révélateur de l’intégrité de Kacher Ahcène lors du référendum constitutionnel de septembre 1976, où son sens de la justice et sa responsabilité ont prévalu sur toute autre considération.
« Tu nous as quittés ce matin, après avoir vécu, avec fierté, la déclaration d’indépendance de la Kabylie », écrit Ferhat Mehenni, voyant dans ce départ l’achèvement d’un parcours digne, fidèle à l’idéal kabyle jusqu’à son dernier souffle.
Ferhat Mehenni conclut son hommage en affirmant que Kacher Ahcène demeurera à jamais dans son cœur et dans l’estime du peuple kabyle, rejoignant désormais « le firmament de la dignité des âmes kabyles ».
Si Ahcène Kacher,
Tu fus celui qui, dès ton retour de Syrie où tu poursuivais tes études, m’adopta et me prit par la main pour m’enseigner le courage et la sagesse, l’honneur et le sens du devoir.
Nous ne nous voyions, au début, que durant les vacances d’été. C’étaient les plus belles vacances de ma jeunesse, à Maraghna.
Tu avais construit ta maison à Tizgui où, avec Ali, Kader, Si Amar et Mohand, nous arrosions les melons à partir du puits que tu avais fait creuser.
Les nuits d’été, nous partions braconner les sangliers qui ravageaient nos jardins potagers de Tala.
Nos chemins se sont retrouvés à l’ENS du Vieux-Kouba, où tu avais obtenu ta licence d’histoire.
En septembre 1976, tu étais membre de la Mouhafada de Tizi Ouzou et tu supervisais le référendum constitutionnel. Ayant constaté que les membres du bureau de vote de notre village avaient voté à ma place, je réagis en déposant un paquet de bulletins Non à la Constitution. Je fus aussitôt signalé. Mais parce que c’était toi qui supervisais les opérations, rien ne me fut reproché.
Tu nous as quittés ce matin, après avoir vécu, avec fierté, la déclaration d’indépendance de la Kabylie.
Tu demeureras à jamais dans mon cœur et dans mon estime au firmament de la dignité des âmes kabyles.
