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Hommage à Ahmed Aït Bachir. Sgunfu di talwit a Dda Hmimi

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès ce jeudi 29 janvier à l’âge de 73 ans de notre ami Ahmed Aït Bachir, affectueusement surnommé Hmimi par ses proches et ses compagnons de lutte.

Enfant du village d’At Lvacir, dans la confédération des At Itturaɣ (ex-commune mixte du Djurdjura-Michelet), Ahmed Aït Bachir fut l’un des membres fondateurs du MAK et assuma la responsabilité de président du MAK-France entre 2007 et 2008 (durant la période où le A du MAK était l’initiale d' »autonomie », avant de devenir en 2013 celui de l' »autodétermination »). Il a marqué le combat kabyle par son engagement, sa constance et son sens des principes.

Homme de culture et de transmission, il a également apporté une contribution précieuse à la langue et à la mémoire kabyles, ainsi après avoir traduit du français vers le kabyle l’autobiographie de Faḍma At Manṣur-Amruc, « Histoire de ma vie » (Tudert-iw), il a rédigé en kabyle « Tidak n tejmaɛt »-« Les dits de l’agora kabyle »

Sur le plan humain, Ahmed Aït Bachir incarnait des valeurs profondes de solidarité, de générosité et de sacrifice, qui ont marqué tous ceux qui l’ont côtoyé. Son fils Mahman qui a annoncé le décès a indiqué que dans un dernier geste de générosité, fidèle aux valeurs qui ont toujours animé son père, ce dernier a fait don de ses organes.

Militant impénitent de la démocratie, malgré certaines différences d’approche et de sensibilité, Ahmed Aït Bachir est toujours resté respectueux du MAK et fidèle à la cause kabyle. Il continuait à participer à de nombreuses manifestations du MAK et de l’Anavad, animé par un attachement sincère à la Kabylie et à son avenir. Avec lui, la divergence politique n’est jamais un drame, une haine ou un obstacle majeur.

Grand monsieur, il avait la Kabylie dans le sang. Comme beaucoup de militants kabyles, il a été condamné arbitrairement à de lourdes peines par le colonialisme algérien, contraint à l’exil, à l’image de Slimane Azem et de milliers d’autres Kabyles, pour la Kabylie, pour la liberté et pour la dignité.

En cette douloureuse circonstance, le MAK, l’Anavad et l’ensemble de la famille militante kabyle, à leur tête, Mas Aselway Ferhat Mehenni, adressent leurs condoléances les plus sincères et les plus attristées à la famille d’Ahmed Aït Bachir, à ses proches, à ses amis et à tous ceux qui l’ont connu et estimé.

Que sa mémoire demeure vivante et que son parcours reste une source d’inspiration.

Repose en paix Dda Hmimi.

SIWEL 292207 JAN 26

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