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La Kabylie indépendante face à ses détracteurs | Le philosophe a dit : « Il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir »

La panique, la fureur et la haine dirigées contre la kabylité ont pris une dimension inédite depuis la déclaration d’indépendance de la Kabylie. Jamais, dans l’histoire du territoire appelé aujourd’hui Algérie, on n’avait observé un tel déchaînement de désordre intellectuel et de comportements relevant de la pathologie politique.

Du sommet de l’État aux cercles militaires, des islamistes aux politiciens de service, des clercs religieux aux faux intellectuels, en passant par les relais idéologiques du système (KDS, partis politiques), le recteur de la mosquée de Paris, incapable d’opposer un argument autre que la pathologisation psychiatrique de l’indépendantisme, certains éléments de l’extrême gauche française, ou encore des élus ou ex-élus franco-algériens placés par la gauche, à l’image de Monsieur Zeribi, tous se sont livrés à une même hystérie verbale contre le MAK, sans retenue ni décence. La horde pousse des cris d’orfraie dans la précipitation et la confusion, révélant le gouffre béant de l’idéocratie du système socio-politique algérien. Tous hurlent à l’unisson : « Algérie indivisible ». Ils le scandent dans les médias, au Parlement, dans la rue, comme une incantation magique censée effacer un peuple. Ils hurlent d’autant plus fort qu’ils savent que cette Algérie qu’ils prétendent indivisible n’a jamais été une nation, mais une construction autoritaire imposée par la force.

Dans ce pays, le ridicule est devenu vertu et la déraison intelligence. On fait défiler des enfants dans la rue en plein mois de décembre, drapés du drapeau algérien, qu’on accroche dans les moindres recoins de la Kabylie, qu’on impose sur les devantures des magasins, qu’on peint sur la longueur des murs d’immeubles, comme pour conjurer une vérité qu’on refuse d’admettre : la Kabylie ne se reconnaît plus dans cet État. Et quand un État doit forcer l’allégeance par la mise en scène, c’est qu’il a déjà perdu.

Mais qui donc conteste leur Algérie ?
La Kabylie ne conteste rien. Elle se retire. Car le Kabyle n’a jamais été citoyen à part entière. Effacé de la Constitution, nié dans les institutions, combattu dans sa langue, sa culture et son identité, il a été réprimé, emprisonné, massacré. En Algérie, être Kabyle est un délit. Se revendiquer Kabyle est une provocation. Vouloir rester soi-même mène à la prison.
La Kabylie ne réclame rien d’autre que son droit fondamental : exister librement. Elle veut rompre avec un État qui la considère comme une anomalie à corriger, une erreur historique à effacer.

Toutes ces manifestations de haine, les menaces à peine voilées, reposent sur le mensonge, la falsification de l’histoire et la négation de la réalité kabyle et de son mouvement politique organisé : le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), porté par des militants sincères, gardiens de la kabylité, guidés par des intellectuels disséminés à travers le monde et désormais présents sur la scène internationale. Cette malhonnêteté intellectuelle est l’essence même du système politique algérien, reflet de l’état de délabrement moral et intellectuel de ses dirigeants. Ce qui frappe, c’est que cette médiocrité s’exprime aussi chez des intellectuels, des juristes, des avocats et des responsables politiques qui n’opposent aucun projet politique, aucun débat, aucun argument, mais seulement l’insulte, la diffamation, la criminalisation et la menace. Leur objectif est clair : effacer un peuple et s’approprier son territoire., Ils oublient que si la Kabylie est un écrin de verdure, c’est parce que son peuple entretient avec sa terre un lien ancestral fondé sur l’amour et le respect. Un esprit hilalien l’aurait ravagée depuis longtemps. Mais ces hurleurs sont incapables de saisir l’essence de la kabylité.

À tous, je pose une question simple : où est donc cette unité nationale algérienne que vous invoquez ? Existe-t-il seulement une nation algérienne, ou s’agit-il d’un nationalisme archaïque, débridé et autoritaire destiné à maintenir une domination insidieuse ? – Expliquez-moi votre silence, votre complaisance face à la politique génocidaire menée contre le peuple kabyle. Depuis des décennies, et de façon accélérée depuis 2001, vous observez les massacres, la répression et l’effacement programmé de la Kabylie. Vous pensiez que le Kabyle resterait éternellement le larbin, le souffre-douleur, le bouc émissaire sacrificiel d’un État totalitaire en faillite. Vous comptiez sur son amnésie. Vous vous trompez. Aujourd’hui, vous vous réveillez effrayés : la Kabylie vous quitte. – Expliquez-moi comment intégrer un peuple millénaire, reconnu, porteur d’une identité singulière et que vous avez systématiquement exclu, dans un ensemble hétérogène dont l’histoire, la langue, la culture et l’identité lui sont étrangères.
– Dites-moi pourquoi vous redoutez tant de rester sans cette Kabylie que vous haïssez, que vous voulez soumettre ou effacer.

Alors, de partout, vous appelez à un front contre la Kabylie : baathistes, islamistes, gauchistes, KDS et faux opposants réunis, les partis vitrines de la démocratie internationale. Tous, vous redoublez de férocité. Pourtant, la réalité est limpide : le peuple kabyle a déjà tranché. Mobilisation après mobilisation, consultation après consultation, il a exprimé massivement, à plus de 90 %, son attachement à sa liberté, à son identité et à ses valeurs. Il a répondu présent aux appels du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK). Aucune répression n’a brisé sa détermination.

L’indépendance n’est plus un projet politique : C’est une volonté populaire irréversible. Portée par le MAK, cette volonté a rendu au peuple kabyle sa fierté, restauré son État et conduit à la proclamation de la République Fédérale de Kabylie, conforme à son organisation socio-politique millénaire. Le 14 décembre 2025, la Kabylie est redevenue un sujet politique souverain. La terre kabyle revient à ses enfants. Historiquement, la Kabylie n’a jamais appartenu à l’Algérie créée par la France coloniale en 1839. Juridiquement, politiquement et moralement, aucun argument sérieux ne s’oppose à son indépendance.

La Kabylie n’a pas sa place dans un État rongé par le totalitarisme, la violence idéologique et la négation des peuples. Sa résistance ne se situe pas dans la force brute, mais dans ses valeurs, sa mémoire, sa culture et sa lucidité. Une forteresse que ni la répression ni la propagande ne peuvent atteindre. Et ce départ révèle la vérité qu’ils redoutent le plus : sans la Kabylie, l’Algérie officielle n’est plus qu’un pouvoir nu, sans légitimité, sans nation, sans avenir. Le 14 décembre 2025, la République Fédérale de Kabylie est devenue le dernier né des États du monde.


Rappel de quelques positions notoirement racistes, anti kabyles :

Avant d’exposer l’historique des discours haineux et des menaces proférées contre les Kabyles depuis la naissance de l’Algérie post-française, je tiens à dire, sans entrer ici dans le détail du contexte géopolitique favorable à son accession au concert des nations, qu’ »un appel de juristes a été lancé au Conseil de sécurité pour l’instauration d’une Mission des Nations unies en Kabylie, afin d’assurer la paix et la sécurité dans la région ».

Sur le plan identitaire, les peuples du territoire dénommé Algérie ont assisté à un viol des consciences. Une identité baathiste conjuguée à l’islamisme dans un lien organique, s’est substituée par la violence à l’identité historique. La Kabylité, restée fidèle à son identité ancestrale, est perçue comme ennemie intérieure, niée, vouée à l’opprobre, réduite à la portion incongrue et placée sous la rampe de la disparition programmée. La dérive totalitaire du pouvoir algérien a développé une culture de la violence des plus barbares, s’apparentant à une politique d’épuration ethnique.

⸺ Dès 1962 : affirmation d’un modèle arabo-nationaliste – déni et menaces d’exclusion

Le 14 avril 1962, Ben Bella, déclarait à se rompre le gosier, sur le tarmac de l’aéroport de Tunis :  » Nous sommes des Arabes, des Arabes, des Arabes, 10 millions d’Arabes !
Il dira aussi dans un autre discours : « Cette fois-ci, la Kabylie est humiliée ».

En 1974, Abdelhamid Hadjar, un baathiste du sérail boumediéniste, dans une tribune du journal El-Moudjahid, menaçait déjà : « Je ferai de tout Algérien qui ne se reconnaît pas dans l’identité arabo-islamique un étranger dans ce pays »

Ancien secrétaire général du FLN) ancien président de l’Assemblée populaire nationale et également ancien Premier ministre, Belkhadem a demandé le bombardement de la Kabylie.

⸺ Logiques contemporaines : « politique zéro kabyle » et discours d’incitation
La « politique zéro kabyle de 2019 » organisée et assumée en haut lieu des instances étatiques signifie un génocide assumé du peuple kabyle.

⸺ Période 2020 – 2021
Plusieurs déclarations d’hostilité, d’appels à caractère foncièrement racistes et anti-kabyle émis par des députés, des sénateurs et des membres influents de la société civile algérienne. Ceci est d’autant plus marquant que les propos sont exprimés dans l’exercice de fonctions publiques. Ces paroles, loin d’être anodines, contribuent à normaliser la violence verbale et à préparer un terrain d’impunité.
Pour mémoire, pour rappel et en partage avec tous ceux qui luttent pour la Kabylité, voici quelques citations qui soulèvent indignation et colère et ce, d’autant plus qu’elles restent non seulement impunies, mais pour certaines réalisées.

Le 04/03/2020 : Naima Salhi, député algérienne et Présidente du Parti de l’équité et de la proclamation (arabo-islamique) mène campagne contre les Kabyles en les qualifiant d’ »ezouafes » c’est-à-dire les supplétifs de l’armée française en toute ignorance de l’histoire, en toute impunité, laissant libre court à sa haine et à son racisme sur tous les plateaux de télévision algérienne, allant jusqu’à appeler à l’extermination des Kabyles qu’elle qualifie de  » juifs de la pire espèce’’.

Le 24/07/2020 : L’ancien diplomate algérien devenu chef du parti Rachad, Mohamed Larbi Zitout, appelle depuis Londres les algériens à  » prendre les armes contre les kabyles séparatistes du MAK ».

Le 20/04/2021 : Le Sénateur Abdelouahab Benzaïm qualifie la Kabylie « de tumeur cancéreuse, dangereuse pour le corps social algérien qu’il convient d’extirper ». Et d’ajouter : « Un jour, qui n’est pas loin, nous allons éradiquer toutes ces tumeurs cancéreuses qui rongent le corps d’une nation unie ». Une métaphore médicale qui légitime la violence d’État contre un peuple.

Le 20/04/2021 : Said Bensedira, un agent des services algériens, appelle depuis Londres à l’extermination des kabyles et l’éradication de la Kabylie : ‘’ Si jamais j’ai du pouvoir, je lancerais un appel lors du JT de 20h et je dirais aux kabyles, surtout ceux de Tizi Ouzou et de Béjaïa : les citoyens et les citoyennes qui se démarquent et rejettent les idées et l’idéologie des séparatistes du MAK, je leur demanderais de quitter la Kabylie au bout de 24h seulement en laissant les séparatistes et ceux qui les soutiennent . Je vais par la suite faire exterminer tous ceux qui resteront en Kabylie ».
Des déclarations d’une gravité extrême, qui ont précédé l’épisode des feux criminels du mois d’août 2021 qu’il avait annoncés.

Ces appels ne sont pas de simples lubies : leur traduction en politiques répressives et en mesures législatives a eu des effets concrets L’article 87 bis est promulgué pour déclarer terroriste la Kabylie dans son ensemble avant de limiter la notion aux militants kabyles et à toute personne qui aurait une opinion critique à l’égard de l’idéologie officielle.
A toutes ces déclarations, les hurleurs sus-désignés ont consenti.

Exil, le 26 décembre 2025
Raveh Urahmun
Politologue et sociologue

SIWEL 262233 DEC 25

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