| | |

Sur i24NEWS, la politologue Zineb Riboua décrypte la déclaration d’indépendance de la Kabylie

WASHINGTON, D.C. (SIWEL) — La chaîne internationale israélienne i24NEWS a consacré, le 18 décembre 2025, une séquence de son émission Middle East Now à la déclaration d’indépendance de la Kabylie proclamée à Paris. L’analyse a été livrée par Zineb Riboua*, chercheuse au Hudson Institute et spécialiste des rapports de force géopolitiques au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Sahel.

La Kabylie, une identité autochtone marginalisée par l’État algérien

Interrogée sur la portée de la déclaration d’indépendance de la Kabylie, Zineb Riboua rappelle que les Kabyles constituent un peuple autochtone d’Afrique du Nord, majoritairement établi dans le nord de l’Algérie, dont l’identité est antérieure aux conquêtes arabes comme à la colonisation française. Selon elle, cette identité s’est maintenue par une résistance continue aux tentatives d’homogénéisation, qu’elles aient été ottomanes, coloniales ou issues de l’État algérien post-indépendance.

La politologue souligne que l’Algérie indépendante a imposé un récit national fondé sur un nationalisme arabe qui a profondément fragilisé les identités amazighes, en particulier kabyle. Face à cette marginalisation, les Kabyles ont développé un activisme durable en faveur de la préservation de leur identité, de leurs libertés civiles et de leurs droits linguistiques.

Un conflit politique, non religieux

Contrairement à d’autres situations dans la région, Zineb Riboua insiste sur le fait que la question kabyle ne relève pas d’une opposition confessionnelle. Elle cite l’exemple du Maroc, État sunnite qui a intégré l’identité amazighe dans sa Constitution et son récit national. En Algérie, explique-t-elle, le problème réside dans la nature du régime, qui instrumentalise l’identité dans une logique panarabe et anti-occidentale, percevant le pluralisme comme une menace.

Dans ce contexte, la proclamation de l’indépendance de la Kabylie en France — et non sur le sol algérien — est interprétée par le pouvoir d’Alger comme un élément renforçant cette grille de lecture hostile, associant la cause kabyle à une influence occidentale.

Une tendance régionale de réaffirmation identitaire

Zineb Riboua replace enfin la situation kabyle dans une dynamique régionale plus large. De la Libye à la Tunisie, du Maroc au Sahel, on observe, selon elle, une résurgence des identités autochtones, en réaction aux idéologies panarabes dominantes depuis les années 1960. Si certaines revendications ont été instrumentalisées par des groupes armés dans des contextes instables, d’autres prennent la forme de revendications politiques structurées, incluant des aspirations à l’autodétermination.

La diffusion de cette analyse sur une chaîne internationale marque une nouvelle étape dans l’internationalisation de la question kabyle, désormais abordée comme un enjeu géopolitique régional et non plus comme une simple affaire intérieure algérienne.

(*) Zineb Riboua est chercheuse associée au Center for Peace and Security in the Middle East du Hudson Institute, elle travaille sur les influences russe et chinoise dans la région, la compétition entre grandes puissances et les relations israélo-arabes. Ancienne assistante de recherche à l’université Georgetown, contributrice régulière de médias internationaux de référence (Wall Street Journal, Foreign Policy, Jerusalem Post), elle s’est imposée comme une voix écoutée sur les dynamiques identitaires et stratégiques du monde arabe et nord-africain.

 

Source : https://youtu.be/7d6fvfZgvQo?si=nPI3BsNMFZNRC_x7

bc/wbw
SIWEL 212130 DEC 25

À lire aussi