| |

Visite de Mme Ségolène Royal en Algérie – la complaisance face à un régime autoritaire interroge !

La Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH) exprime sa profonde préoccupation suite au déplacement de Mme Ségolène Royal, ancienne candidate à l’élection présidentielle française de 2007 et actuelle présidente de l’Association France-Algérie, en Algérie le 29 janvier 2016.

À l’occasion de cette visite officielle à Alger, la LKDH s’attendait légitimement à ce que Mme Royal aborde, auprès des plus hautes autorités algériennes, des questions fondamentales relevant du respect des droits humains, notamment :
• l’emprisonnement du journaliste Christophe Gleizes,
• la situation des centaines de prisonniers politiques en Algérie,
• les interdictions arbitraires de quitter le territoire national, souvent accompagnées de confiscations de passeports,
• la dégradation continue de la situation des droits fondamentaux en Kabylie,
• ainsi que les poursuites et condamnations à mort extrêmement graves visant des militants kabyles.

Or, la LKDH constate avec regret qu’aucun de ces sujets n’a été publiquement évoqué. Bien au contraire, Mme Ségolène Royal s’est illustrée par des déclarations élogieuses à l’égard d’un régime autoritaire, notoirement connu pour ses atteintes répétées aux libertés fondamentales, la répression des opposants politiques et le non-respect des engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains.

Cette attitude soulève de sérieuses interrogations.
Mme Royal s’est-elle exprimée en tant que responsable d’une association œuvrant pour l’amitié entre les peuples, ou comme porte-voix complaisant du régime algérien en France ?

Plus largement, la LKDH s’interroge sur l’attitude d’une partie de la classe politique française, notamment à gauche, qui semble aujourd’hui reléguer les principes humanistes qu’elle revendique au second plan, dès lors qu’il s’agit de relations avec des régimes autoritaires.

Face à ces constats, la LKDH estime que la transparence est indispensable.
Elle appelle les autorités compétentes françaises à examiner avec sérieux toute éventuelle relation d’influence, de financement ou de compromission politique entre des responsables politiques français et le régime algérien.

La défense des droits humains ne saurait être à géométrie variable.
Le silence et la complaisance face à l’injustice constituent, de fait, une forme de renoncement moral.

La LKDH poursuivra son action de vigilance, d’alerte et de dénonciation de toutes les violations des droits fondamentaux, où qu’elles aient lieu.

Affaire à suivre.

Exil, le 1er février 2026
Azwaw At Qasi
Pour la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH)


Visit of Ms. Ségolène Royal to Algeria
Complacency toward an authoritarian regime raises serious concerns

The Kabyle League for Human Rights (LKDH) expresses its deep concern following the visit of Ms. Ségolène Royal, former candidate in the 2007 French presidential election and current President of the France–Algeria Friendship Association, to Algeria on January 29, 2016.

On the occasion of this official visit to Algiers, the LKDH legitimately expected Ms. Royal to raise, with the highest Algerian authorities, fundamental issues related to respect for human rights, in particular:
• the imprisonment of journalist Christophe Gleizes,
• the situation of hundreds of political prisoners in Algeria,
• arbitrary bans on leaving the national territory, often accompanied by passport confiscations,
• the ongoing deterioration of fundamental rights in Kabylia,
• as well as prosecutions and extremely serious sentences targeting Kabyle activists.

However, the LKDH notes with regret that none of these issues were publicly addressed. On the contrary, Ms. Ségolène Royal distinguished herself by making praiseworthy statements toward an authoritarian regime, widely known for its repeated violations of fundamental freedoms, repression of political opponents, and failure to comply with Algeria’s international human rights commitments.

Such an attitude raises serious questions.
Was Ms. Royal speaking as the head of an association working to foster friendship between peoples, or as a complacent spokesperson for the Algerian regime in France?

More broadly, the LKDH questions the stance of a segment of the French political class, particularly on the left, which today appears to relegate the humanist principles it claims to uphold to a secondary position when dealing with authoritarian regimes.

In light of these observations, the LKDH considers transparency to be essential.
It calls on the relevant French authorities to seriously examine any potential relationships of influence, funding, or political compromise between French political figures and the Algerian regime.

The defense of human rights cannot be selective or variable.
Silence and complacency in the face of injustice constitute, in effect, a form of moral abdication.

The LKDH will continue its mission of vigilance, advocacy, and denunciation of all violations of fundamental rights, wherever they occur.

To be continued.

Exile, February 1, 2026
Azwaw At Qasi
For the Kabyle League for Human Rights (LKDH)

SIWEL 012220 FEV 26

À lire aussi