Hommage à Atmani, dit Hammiche : la Kabylie perd l’un de ses immenses chanteurs (par Ferhat Mehenni)
HOMMAGE À ATMANI, DIT HAMMICHE : LA KABYLIE PERD L’UN DE SES IMMENSES CHANTEURS
La Kabylie vient de perdre l’un de ses immenses chanteurs en la personne d’ATMANI, affectueusement appelé Hammiche. Un homme honnête, sincère et profondément engagé pour l’identité et la culture kabyles. Il avait 81 ans.
C’est en 1968 que je l’avais rencontré, à la Fête des cerises de Larvâa Nat Yiraten. Il m’avait alors offert le médiator avec lequel il venait de s’accompagner à la guitare, lors de sa première prestation sur une grande scène.
Sa première chanson, écrite par Kamal Hamadi et intitulée « Tevɣid iyi », allait devenir l’un des grands tubes de l’été, aux côtés de « Ixaq wul » d’Aït Menguellet.
Hammiche aimait la sincérité et la simplicité. Grand admirateur de Slimane Azem et de Taleb Rabah, il avait su développer un style qui lui était propre, une identité musicale singulière, à l’image de sa personnalité.
Ses dernières œuvres témoignent avec une grande éloquence de son attachement indéfectible à la Kabylie et de sa dénonciation du déni d’existence auquel elle est confrontée.
Malgré les risques d’emprisonnement qu’il encourait, il n’avait pas hésité, il y a 4 jours, à répondre à mon appel téléphonique alors qu’il se trouvait en Kabylie. Nous avions convenu de nous revoir dès son retour à Paris. Hélas, il n’y reviendra plus jamais.
La seule consolation est qu’il nous a quittés sans souffrance physique.
À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’aimaient, j’adresse mes sincères condoléances et leur témoigne toute ma compassion.
Pour lui rendre hommage, j’ai arrangé et orchestré un ancien chant kabyle qu’il avait interprété dans un duo de rêve avec Aït Boumahdi. Une manière pour moi de prolonger sa voix, de célébrer son talent et de garder vivante la mémoire de cet ami cher.
Repose en paix, cher Hammiche.
Ta voix, ton engagement et ton amour de la Kabylie continueront de vivre dans nos cœurs et dans notre mémoire.
